Vincent Dufour, un océanographe, entrepreneur et navigateur au parcours atypique

Malgré une enfance en Picardie, loin de la mer, Vincent Dufour, fondateur de NEOCEAN, se passionne très tôt pour la nature, les animaux et la mer. Mais aussi pour certains personnages tels que le Commandant Cousteau. A 12 ans, son père lui offre des leçons de plongée en Méditerranée. Une vraie révélation ! Il continue à plonger tout en s’orientant vers un parcours scientifique…au fort accent salé. Diplômé d’un Master en Océanographie de l’Université Pierre et Marie Curie, il part à Tahiti en 1986 pour faire un stage à l’IFREMER. Sa carrière est lancée.
Désormais océanographe biologiste, il entreprend une première expédition sur une île déserte en mode Robinson Crusoé. Son but : tester les capacités humaines et analyser les conditions marines. L’expérience dure cinq semaines. Les retombées médiatiques qu’elle génère lui permettent de décrocher un financement. Il poursuit ses expéditions, ses découvertes d’îles perdues pendant un an, rencontre des spécialistes du milieu marin et rédige sa thèse de doctorat.

De Tahiti à la Méditerranée

J’ai développé des techniques innovantes permettant de mieux préserver le récif

Après un premier poste de chercheur à Tahiti, il continue de travailler entre la Polynésie et la France avant de mettre le cap sur l’Australie où une nouvelle mission l’attend : travailler sur la grande barrière de corail. Une belle expérience qui marque un tournant dans la carrière de ce passionné inconditionnel des océans. Vincent Dufour créé alors une première start-up innovante spécialisée dans les ressources marines et l’environnement. « J’ai développé des techniques innovantes permettant de mieux préserver le récif, et notamment une alternative à la pêche qui se veut assez destructrice. En partant du constat que 90% du plancton était mangé par les prédateurs, nous avons décidé d’en extraire les larves de poissons, de les élever en Polynésie puis de les vendre à des aquariums ou à des fins de repeuplement en Europe et aux États-Unis », détaille-t-il.

En 2005, il cède son entreprise et revient en Méditerranée avec pour ambition de découvrir où se trouvent les larves de poissons ou “nurseries”.

On a adapté les techniques utilisées en Polynésie pour découvrir, à la surprise générale, qu’elles étaient dans les ports de plaisance, par exemple. En effet, ils ont une fonction de nourricerie très importante que l’on ignore.
D’où l’intérêt de militer encore plus en faveur des bateaux moins polluants pour préserver la qualité des eaux et d’empêcher les plaisanciers d’y rejeter leurs déchets.

L’innovation, moteur de Vincent Dufour

En 2008, il accepte un poste de direction pour la région du Languedoc-Roussillon et consacre 100% de son temps aux innovations au sens large. Des métiers qu’il considère comme ceux de l’avenir. En parallèle, il continue de naviguer et constate les effets néfastes que peuvent avoir les plaisanciers et pratiquants de sports nautiques sur l’environnement marin en termes de pollution, sonore y compris.
En 2015, il décide d’agir et se lance un nouveau défi : trouver une solution pour pouvoir naviguer tout en respectant à 100% l’écosystème marin. Il quitte son poste et créé une équipe en mode projet à la faculté des Sciences de Montpellier. Après trois ans de recherches qui débouchent sur la naissance de l’Overboat, bateau électrique à la pointe de la technologie, à la croisée entre véhicule électrique et robotique, il fonde NEOCEAN en mai 2019. Aujourd’hui, sa société réunit une équipe d’une douzaine de passionnés. Professeurs de l’Université de Montpellier experts de mécanique, robotique et motorisation électrique, ingénieurs et techniciens issus du monde de l’entreprise travaillent désormais autour de la conception d’une gamme de catamarans à propulsion électrique qui décline plusieurs versions de l’Overboat. Le bateau du futur est né !